Article Post on 09 March 2018

Dossier Merkur | Futur du travail : la fin est-elle proche ?

_Découvrez l'interview d'Emmanuelle Ragot, Partner IP/TMT, dans le dossier spécial de l'édition Mars | Avril 2018 du magazine Merkur ! Le dossier "Futur du travail : la fin est-elle proche ?" met en avant les différents changements apportés par le progrès technologique dans le monde du travail, ainsi que les problématiques qui en découlent. Obsolescence de certains postes, création de nouveaux jobs, adaptation des outils de travail, ... Différents experts donnent leurs points de vue et analyses sur le sujet.

Interview d'Emmanuelle Ragot :

À l’ère du tout digital, dans le cadre de vos fonctions, comment voyez-vous évoluer le monde du travail ?

«Le digital impacte tous les secteurs, y compris les cabinets d’avocats. Il nous oblige à repenser notre business model pour nous adapter à cette (r)évolution. La gestion interne et la relation client sont influencées par l’intelligence artificielle: dématérialisation, automatisation, médias de communication… Tout doit aller plus vite. Il faut revoir et moderniser l’ensemble des outils informatiques de gestion et de communication afin qu’ils deviennent de réelles sources de valeur, notamment dans le contexte du règlement relatif à la protection des données et son application en mai prochain. Les entreprises sont aujourd’hui en mesure de communiquer avec des clients via des salles de réunion virtualisées, d’accéder à l’information en temps réel, de travailler sur des dossiers depuis l’autre bout du monde sans contraintes d’horaires et de mieux rationaliser certains processus de travail. La (r)évolution digitale est une formidable opportunité d’évolution pour les entreprises, si elle est bien comprise, accompagnée et encadrée éthiquement. Elle offre au salarié une liberté de mouvement inédite jusqu’alors et permet, de plus en plus, de mettre la collaboration et le partage au centre des activités, au bénéfice des clients, des salariés et de l’entreprise.

Il existe déjà des moteurs de recherche IA très performants. Selon vous, les décisions judiciaires pourront-elles un jour être rendues par des «juges virtuels»?

«À l’heure actuelle, les systèmes informatiques doués d’IA qui répondent aux questions juridiques calculent des probabilités sur base de questions et d’affaires similaires déjà jugées et produisent une réponse basée sur ces recherches. Ce système, dit de justice prédictive, est utilisé par certains cabinets, notamment pour encourager des clients à se diriger vers des solutions à l’amiable. Les risques de remplacer les décisions de justice par ce type de machines sont évidents: en répétant d’anciennes décisions, ces systèmes limitent le développement du droit, notamment dans la réflexion intellectuelle sous-jacente, indispensable à tout revirement de jurisprudence et de construction du droit; la dimension humaine et symbolique des procès disparait, balayée par des prédictions algorithmiques. L’IA doit rester un moyen de faciliter et perfectionner le travail du juge, surtout dans des tribunaux engorgés, mais ne doit pas avoir pour vocation à le remplacer. L’instruction d’un dossier du côté des magistrats ou avocats, et les divers types de raisonnements logiques permettant de solutionner un problème juridique restent la plus-value de l’esprit humain afin de ne pas parvenir à des décisions automatiques aux conséquences négatives.»

 

Découvrez l'édition Mars | Avril 2018 du magazine Merkur dans son entièreté.

 

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